L’église Notre Dame de l’Assomption Eglise du XV° ou XVI° siècle à nef unique et baies à menaux anciens. A voir à l’extérieur : 1. Situé entre la nef et le chœur, un clocher octogonal avec tourelle d’escalier et toiture en pavillon. 2. Devant l’entrée de la sacristie se trouve une plaque tombale en fonte. Datée de 1768, elle couvre la sépulture de Maître Pierre du Boulay, maître de forges d’Aube et de Saint Evroult. 3. Dans l’ancien cimetière, situé en face de l’entrée, une plaque de fonte porte une inscription latine en mémoire de Victoria du Boulay et est datée de 1778. Il s’agit certainement de la sépulture de l’épouse du maître de forges. La tombe voisine, plus imposante, abrite le corps d’Arlette de Simard de Pitray, arrière-petite-fille de la Comtesse de Ségur. A voir à l’intérieur : a) Dans la nef 1. A droite de l’entrée, une statue de Saint Benoît, du XIV° siècle, en pierre sur laquelle apparaissent encore des traces de polychromie. Le saint moine porte la crosse. Né vers 480 dans la région de Nursie en Ombrie, il fut envoyé à Rome pour ses études qu’il abandonna vers 500 pour rejoindre un groupe d’étudiants ecclésiastiques à Affilé. Peu après, il se retira comme ermite dans une caverne près de Subiaco, l’actuel Sacro Speco. Sa réputation de sainteté lui attira bientôt des disciples. Vers 530, il quitta Subiaco pour le Mont-Cassin où il fonda la grande et célèbre abbaye et où il vécut jusqu’à sa mort en 550. Il était réputé pour ses miracles. La règle que Saint Benoît a écrite pour ses disciples est considérée comme un des facteurs les plus importants du développement de la civilisation chrétienne en Europe. Plus tard, elle devint le point de repère pour tous les mines de l’occident et fut appelée simplement « la règle ». Il mourut en prière, debout devant l’autel. Il aurait été diacre mais non prêtre. L’art représente Saint Benoît avec un corbeau qui porte un morceau de pain dans le bec. Souvent, Benoît tient un calice, un tamis ou un livre qui n’est souvent autre qu’un exemplaire de sa règle, ouverte sur le premier mot « ausculta » (écoute). En 1964, le pape Paul VI le proclama patron de l’Europe. 2. Une statue de Saint Denis, du XVI° siècle, en pierre. Dans une ample chasuble gothique, le saint tient sa tête entre ses mains. D’après Grégoire de Tours, Denis, originaire d’Italie, fut envoyé de Rome en Gaule, avec cinq autres évêques, et devint le premier évêque de Paris. Lui et ses deux compagnons furent décapités sous Dece. L’abbaye de Saint Denis, devenue la sépulture des rois de France, fut érigée sur leur tombe. Le culte étant largement répandu au Moyen-Age. Tout ce que nous savons de Saint Denis nous vient de Saint Grégoire de Tours. L’art le représente souvent portant sa propre tête entre les mains et avec une palme, un livre ou un glaive. Ses vêtements sont parfois ornés de lys. 3. Une statue de vierge à l’enfant en bois polychrome Il est à remarquer que tous les murs sont recouverts de diverses décorations peintes. Ce décor, façon enluminures, date de la moitié du XIX° siècle. Il correspond à un certain regain d’intérêt pour le Moyen-Age et aux tentatives de restauration de ce que l’on pensait être la réalité de la construction primitive. Une petite porte, très discrètement encastrée dans le mur, permet d’accéder au clocher. 4. Six vitraux de Barillet, maître verrier : Les trois vitraux du sud sont dédiés à Marie : Annonciation, Visitation, Nativité. Les trois vitraux du nord représentent trois miracles de Jésus : la résurrection de Lazare (Jn 11, 43), le pardon et la guérison du paralysé (Mc 2, 1-12) et la tempête apaisée (Mt 8, 23-27). 5.
Quatre médaillons portant le nom et les symboles des quatre évangélistes : Matthieu, associé à une figure d’homme, commence son évangile par la généalogie et la naissance de Jésus. Tout son récit est attaché à l’aspect humain de la vie du Christ. Jean, quant à lui, est rapproché de l’aigle. Contemplateur du Verbe de Dieu, tel l’oiseau, il nous entraîne vers les hauteurs, l’œil fixé sur le soleil divin. La figure du taureau convient à Luc qui, dès les premières lignes de l’évangile, nous représente Zacharie au temple et, à travers le sacrifice rituel du taureau, annonce l’immolation sanglante du Christ. Marc enfin et le lion du désert, symbole de résurrection. Une voix crie dans le désert les mots qui ouvrent ce témoignage de foi.
6. Deux autels secondaires datant du XIII° siècle b) Dans le chœur 1. Un grand retable classique en bois peint avec tabernacle du XVII° siècle, à cinq pans dont deux en retour avec statuettes. Au sommet, Dieu le Père, les bras ouverts, offre au monde abondance et richesse symbolisées par une corbeille débordant de fruits qui le surplombe. Le retable est riche de symboles qui méritent qu’on s’y attarde. Pour les Pères de l’Eglise, seule la nature paraît digne d’exprimer le divin : elle seul, par son infinie beauté, peut répondre aux exigences d’une parole divine : connaître toujours plus. Montrer le jardin, la nature, est une méthode pour entretenir et développer la vie intérieure : « Le jardin symbolise la culture de l’âme dont le Christ est le jardinier » (Saint Augustin). Chaque fruit de la corbeille est à son tour un symbole : La pomme : image de la faute et de la rédemption, son symbolisme vient de ce qu’elle contient en son milieu, formé par les alvéoles qui contiennent les pépins, une étoile à 5 branches. 5 est le signe de l’union, du centre, de l’équilibre, de l’harmonie ; finalement symbole de la volonté divine. La figue : elle est symbole de salut, de la charité, de la résurrection et de la connaissance religieuse. Les ermites ne se nourrissent-ils pas de figue ? La grenade dont le symbolisme relève de celui des fruits à nombreux pépins : la fécondité. Pour les Pères de l’Eglise, la grenade est symbole de l’Eglise elle-même : comme ce fruit qui contient sous une écorce unique un grand nombre de pépins, l’Eglise unit dans une seule foi des peuples divers.
Les guirlandes qui ornent le retable et les colonnes sont souvent composées de grappes de raisin et d’épis, comme une grande corne d’abondance pour exprimer le caractère inépuisable du sacrement de l’Eucharistie. La guirlande est un jardin ramassé sur la surface du retable. Elle symbolise l’amour, la destinée, la connaissance. Elle s’orne souvent de fleurs, de roses et d’héliotropes en particulier, qui, par leur variété, représentent la richesse de la création et expriment la ferveur divine. Le retable est flanqué de deux niches où se tiennent les statues de Saint Pierre et Saint Eutrope. Eutrope, compagnon supposé de Saint Denis de Paris, est honoré comme premier évêque de Saintes et comme martyr. 2. Le grand tableau qui représente l’Assomption de la Vierge est l’œuvre de Mgr de Ségur, fils de la Comtesse. C’est une copie de très bonne facture de l’Assomption de Murillo qui venait conclure la totale restauration de l’église qu’il avait entreprise « depuis le maître-autel jusqu’aux bancs des paysans, depuis le chœur jusqu’au porche, depuis le pavé jusqu’à la voûte ». Derrière l’un des cathèdres façonnées par le menuisier de l’époque, on peut lire cette inscription tracée au crayon : « M. de Ségur a donné en 1864 pour la réparation du chœur 2000 f. Toute la boiserie est faite. Lambert Polynué à Ray. » 3. L’Abbé Roger DerrySous la plaque de marbre, où sont inscrits les noms des soldats morts à la guerre de 1914-1918, est posée une photographie de l’Abbé Roger Derry dont il faut dire quelques mots. Roger Fortuné Derry est né à Aube le 29 décembre 1900. Entré au séminaire en 1925, il fut ordonné prêtre cinq ans plus tard. Vicaire à la paroisse Saint François-Xavier, il sera aumônier militaire de la 6ème DINA et de la 40ème division d’infanterie. Ce valeureux curé s’engageait aussi dans la résistance dès les premiers jours de 1940. Arrêté par la Gestapo, il est jugé en août 1943 et condamné à mort. Il sera décapité à Cologne le 15 octobre de la même année. Le village Le nom « Alba » est déjà cité en 1099. Il désignait probablement un bois ou une peupleraie qui se serait développée dans les marais de la Risle. Située près de l’Aigle en Pays d’Ouche, la commune d’Aube compte 1623 Albins et Albines. Son histoire est tout entière liée à la métallurgie. Il apparaît que dès l’antiquité, on y travaillait le fer car le minerai était d’une exploitation aisée dans les nombreuses mines de la région (les ferrières…). Cette vocation ne fit que s’affirmer au fil des âges pour atteindre son apogée au XVIII° siècle où le cuivre supplanta le fer. Aujourd’hui encore, la métallurgie du laiton reste l’apanage de la vallée de la Risle (usines Tréfimétaux et Euro Métal). On ne s’étonnera donc pas que l’essentiel des lieux touristiques soient liés à cette industrie : la forge, la fenderie, les logements ouvriers… On visitera avec profit le musée de la Grosse Forge, où dans les ateliers entièrement restaurés, ont été reconstituées les principales activités du passé. Bien entendu, Aube est surtout connue pour son château des Nouettes qui fut, à partir de 1820, le résidence de la Comtesse de Ségur. C’est là qu’elle écrivit ses célèbres récits. Aujourd’hui le château abrite un institut médico-éducatif et ne peut être visité. Un musée, installé dans l’ancien presbytère près de l’église, retrace la vie et l’œuvre de la Comtesse de Ségur.
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