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L’église Saint Roch
L’église de Beaufai, achevée en 1870, est l’œuvre des architectes Renou d’Evreux et Prempain. Bâtie en pierre et en brique et couverte d’ardoise, elle est un des exemples du style néo-gothique abondant dans d’autres parties du département de l’Orne mais plus rare en pays d’Ouche qui, le plus souvent, a conservé ses églises plus anciennes. Sa construction a été voulue par M. de Pitray, maire de Beaufai et gendre de la Comtesse de Ségur. Son intention était de créer un nouveau bourg entre les deux communes de Beaufai et Livet réunies en 1839. Avec son épouse Olga, il se chargea de collecter les fonds nécessaires. L’église est dédiée à Saint Roch dont la statue vous accueille dans le porche d’entrée. Citoyen de Montpellier en France, Roch vécut au XIV° siècle. Il est connu par le courage dont il fit preuve en se mettant au service des pestiférés de son temps. Atteint lui-même par ce mal, l’art le représente comme pèlerin, portant une plaie sur la cuisse. Abandonné de tous, un chien lui apporte sa nourriture. Avec Saint Sébastien, il est invoqué contre la peste qui fit des ravages dans notre région jusqu’au XVII° siècle. Il est fêté le 16 août. La porte de l’église franchie, vous découvrez un édifice très lumineux. Sur votre gauche, les fonts baptismaux de forme ovale à godrons taillés dans le marbre. Ils évoquent le baptême par lequel ceux qui deviennent chrétiens sont introduits dans la communauté. Et sur votre droite, le confessionnal néogothique est le lieu où se vivait le sacrement de réconciliation qui permet aux baptisés de se laisser renouveler dans la grâce de leur baptême. Au centre de la nef, une chaire à prêcher néogothique décorée de la figure du Christ et des quatre évangélistes. Les bancs qui l’entourent témoignent de la communauté chrétienne qui se réunit, à l’écoute de la Parole. Dans le chœur, le maître-autel néo-roman est entouré des gisants de deux saints qui ont marqué notre temps et ont été canonisé en 1925. Le saint curé d’Ars : Jean-Marie Vianney (1786-1859). Fils de fermier, il est ordonné prêtre en 1815 malgré ses difficultés dans les études. Nommé curé du petit village d’Ars, dans les Dombes, il y passe quasiment toute sa vie. Ayant un don de discernement rare, il voit défiler dans son confessionnal des foules de pénitents de toutes conditions sociales. Ses sermons sont également très appréciés par l’amour de Dieu qu’il y manifeste. Fêté le 4 août, il est le saint patron des prêtres. - Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : Née à Alençon en 1873, Thérèse Martin obtient d’entrer à 15 ans au Carmel de Lisieux où elle vit en 9 ans un itinéraire spirituel d’une rare intensité. Dans sa recherche de Dieu, consciente de ses limites, elle ouvre un chemin de confiance et d’abandon sur lequel beaucoup de nos contemporains s’engagent à sa suite. Et elle garde ce cap lorsque, au plus grave de la tuberculose qui l’emporte, une épreuve spirituelle lui fait traverser les nuits de la foi. Elle meurt à 24 ans. Après sa mort, son culte se répand dans le monde entier au point qu’elle devient avec Saint François-Xavier, patronne des missions et docteur de l’Eglise. Elle est fêtée le 1er octobre.
Levant les yeux, nous découvrons le joli vitrail de Notre Dame des petits enfants, signé Duhamel-Marette, 1870. Parmi les enfants aux pieds de la Vierge, sont représentés ceux de la famille de Pitray : Jacques et Jeanne. L’ange aux ailes violettes symbolise Marguerite décédée à 6 ans. L’autre ange aux ailes vertes, Louis, qui naîtra en 1872. Dans le chœur également : un tableau représentant Saint Roch (1837) une copie de Raphaël, la belle jardinière d’Auguste-Jules Sages, don de l’Etat (1876).
Deux autels du XIX° siècle, ont été rapportés de l’ancienne église de Beaufai : l’un dans la chapelle de la Vierge au bas du coté nord, l’autre au sud dans la chapelle de Saint Joseph. Ces bas cotés contiennent aussi trois statues de style sulpicien : le Sacré-Cœur, Sainte Jeanne d’Arc et Saint Antoine de Padoue. En sortant, nous pouvons nous retourner pour découvrir le clocher orné d’une Vierge à l’Enfant. Il contient trois cloches dont deux sont datées 1911 et 1926. La troisième est la cloche de la mission qui sonne le « la ».
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