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L’une des plus champêtres des églises de la Paroisse Saint Martin en Ouche, l’église de Saint Hilaire-sur-Rille ne manque pas de charme dans son environnement de verdure, la perspective du château voisin et la proximité des bords de la Rille.
Ses origines Faute d'archives, pour l'instant, nous ne pouvons nous prononcer sur les origines de cette église. Certains auteurs la disent construite au XVIII° siècle, du fait probablement des ses fenêtres dont l’encadrement semble avoir été refait à cette époque. Mais, à en juger par son aspect général, il s’agit d’une église plus ancienne, cœur d’une paroisse sur laquelle l’abbaye de Saint Evroult avait des droits, touchant une part de sa dîme (Pitard, Fragments historiques sur le Perche 1866). Comme beaucoup d’autres églises de la région, elle est couverte de tuiles, et d’ardoises pour ce qui est de son clocher. Ce dernier, ici comme ailleurs, est couronné d’un coq, symbole qui s’est christianisé au cours du temps. « Le coq annonce l’apparition du soleil et invite à la prière. Il est signe de résurrection » (Maurice Dilasser, Eglises et symboles, Editions du signe) « Le coq est pour le regard, à la pointe du clocher, ce que la voix de la cloche est pour l’oreille. Il rallie les égarés, désigne de loin la maison de Dieu… Il est emblème de résurrection après l’inertie nocturne. Au sommet du clocher, il évoque la vigilance de l’esprit, attentif à percevoir dans les ténèbres finissantes de la nuit les premières clartés de l’Esprit qui se lève » (P. Gérard Bordat). C'est déjà ce que chantait Saint Ambroise dans un hymne fameux du IV° siècle : « Guide nocturne des voyageurs, marquant les degrés de la nuit, du héraut du jour résonne le chant qui appelle la lumière du soleil. » Visite de l'intérieur Ayant franchi la porte, nous entrons dans un premier espace réservé aux baptêmes. Fontaine d’eau (fons), les fonts baptismaux sont ici de forme ovale sur fût galbé du XIX° siècle. Un couvercle en forme de dôme recouvre la cuve. Symboliquement, « celle-ci est située près de l’entrée du côté d’où provenaient les peuples païens appelés à la foi » (Maurice Dilasser). Le bénitier, plus ancien (XVI° siècle), invite les chrétiens à se signer en entrant dans l’église en souvenir de la grâce de leur baptême. La nef est très sobre. Seules, quelques statues en plâtre l’ornent. Il s’agit de saints dont le culte reste très répandu en France : Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Saint Jude et Saint Christophe, Saint Antoine, Sainte Jeanne d’Arc et Saint Louis. Parvenus à l’entrée du chœur, nous y trouvons deux autels secondaires de la fin du XIX° siècle : l’un, à gauche, est dédié à la Vierge Marie, avec son joli bas-relief en terre cuite représentant le mariage de la Vierge. l’autre, au Sacré-Cœur dont le bas-relief, également en terre cuite, figure le bon pasteur, un thème si fréquent dans l’iconographie depuis l’antiquité chrétienne (cf. Jean 10).
Tandis que les fenêtres de la nef disposent de vitraux non figuratifs, ceux du chœur illustrent quelques aspects de la vie chrétienne. Ils sont une création d’un maître verrier d’Angers, Bordereau (1954) : côté gauche : le baptême ou la double naissance : humaine, représentée par le berceau et spirituelle ou divine, représentée par le signe trinitaire (la main du Père, la croix du Christ, la colombe de l’Esprit) côté droit : deux vitraux consacrés à l’eucharistie. Est reprise la même symbolique des deux nourritures : matérielles (le pain et le raisin) et spirituelle (l’hostie et le calice). « Prenez et mangez … ceci est mon corps » (Mt 26,26). Et le don que le Christ fait de sa propre vie est rapproché, dans le vitrail suivant, de ce don qu’il fait de lui-même sur la croix : «Un seul et même sacrifice ». le 4ème vitrail du chœur est dédié à Marie Médiatrice. Participant à l’œuvre de son Fils, elle est associée au salut du monde. Fécondité de la prière et des vies qui se donnent.
Retiendra surtout notre attention, le maître autel (XVIII° siècle). Composé, comme généralement, d’un retable en trois parties séparées par deux colonnes : au centre, une Vierge et l’enfant au bouquet (copie de Raphaël) et au fronton, Dieu le Père dans son acte créateur d’un tabernacle à trois pans et doubles colonnettes torses. Trois statuettes : le Christ, Sauveur (il tient la terre dans sa main), Saint Pierre et Marie Madeleine ? d’un autel galbé avec au centre l’agneau pascal, évocation du sacrifice du Christ accomplissant la pâque ultime.
Dans les niches du retable, deux statues : à gauche : un évêque avec, à ses côtés, le donateur à genou à droite, celui par lequel il convenait de conclure cette visite : Saint Hilaire à qui est dédiée cette église.
Hilaire de Poitiers (315-368) Né à Poitiers vers 315, d’une famille païenne, Hilaire fait de solides études de rhétorique et de philosophie. Saint Jérôme, dans une de ses lettres, témoignera de sa forte culture. Marié jeune, il se convertit au christianisme, n’ayant pas trouvé dans le paganisme de réponse au mystère de la destinée humaine. Estimé des habitants de la cité, il est élu évêque de Poitiers en 353. Confronté à la grave crise de l’arianisme, un courant qui refuse de reconnaître dans le Christ le Fils de Dieu, il est finalement exilé quatre ans en Phrygie par l’empereur arien Constance (356). Comme son influence est encore plus grande en exil, ses adversaires exigent son retour à Poitiers. C’est là qu’il poursuit son œuvre. Ferme dans la foi, il se révèle très clément à l’égard des personnes. Et c’est grâce à Hilaire que la paix religieuse s’instaure en Gaule. Chacun admet la formule aujourd’hui employée dans la profession de foi « le Christ de même nature que le Père ». Une des actions les plus importantes d’Hilaire est d’avoir accueilli, à ses côtés, Martin. Ce dernier, en effet, après avoir partagé son manteau avec un pauvre et renoncé au métier des armes, s’en vient trouver Hilaire pour recevoir de lui une solide formation .Outre un commentaire de Saint Mathieu et des psaumes, Hilaire laisse une grande œuvre : un traité sur la Trinité, « Il n’y a qu’un seul Dieu mais il n’est pas solitaire ». Devenu avec Ambroise, Jérôme et Augustin un des quatre phares de la pensée chrétienne latine, il est aussi celui qui a préparé Saint Martin à sa mission. La paroisse Saint Martin-en-Ouche qui s’étend de Saint Hilaire-sur-Rille à Saint Martin d’Ecublei se place sous leur double patronage. Une prière de Saint Hilaire de Poitiers Tu permettras, Dieu tout puissant, que je m’adresse à Toi et que je te parle en toute liberté…Avant de te connaître, je n’existais pas, j’étais malheureux, le sens de la vie m’était inconnu, et dans mon ignorance, mon être profond m’échappait. Grâce à ta miséricorde, j’ai commencé d’exister : je sais maintenant sans ambiguïté que je ne tiens mon existence que de ta bonté. Je sais que Toi, qui n’avais pas besoin que j’existe, tu ne m’as pas donné la vie pour mon malheur. Les paroles proférées par ton Fils unique, qui nous sont conservées dans les livres saints attestent que ton Fils est né, comme Dieu, de Toi, l’Inengendré, et, comme homme, de la Vierge, pour le mystère de notre salut. Dans cette foi, j’ai été instruit, et j’en suis irrémédiablement imprégné. Tardivement notre temps a produit ces doctrines erronées. Elles venaient trop tard pour mettre en échec la foi que tu avais façonnée en moi. Avant d’avoir entendu leur nom, je t’avais accordé ma foi : J’étais re-né de Toi ; désormais je suis à Toi. Au Dieu Trinité de Pierre Teilhard de Chardin Dieu brûlant, Force immense et vivante, Puissance chaude comme la vie, terme et issue du monde, Vous dont les mains emprisonnent les étoiles, Vous qui êtes le premier et le dernier, Le mort et le ressuscité, En votre unité exubérante Tous les charmes, tous les goûts, Toutes les forces, tous les états, Vous êtes vraiment mon Seigneur et mon Dieu Centre vers qui tout se meut, doux comme un cœur, Ardent comme une force, intime comme une vie, Plénitude de l’être crée, plénitude de mon être personnel, Energie créatrice qui sondez les secrets de nos cœurs Et le mystère de nos accroissements, Ame qui transparaissez dans tout ce qui nous entoure, C’est vous que les hommes cherchent Et poursuivent à travers la magie du cosmos, Vous qui me faites participer de votre être et qui me pétrissez, Sauveur de l’activité humaine, sauveur de la peine humaine, Soyez le salut de l’unité humaine En nous forçant à abandonner nos petitesses et à nous aventurer, Appuyés contre vous, sur l’océan inconnu de l’amour. Donnez-moi de vous apercevoir même et surtout au plus intime, Au plus parfait, au plus lointain de l’âme de mes frères. Mon Dieu, faites pour moi, dans la vie de l’autre, briller votre visage. Je vais au devant de celui qui vient. |