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Chandai Version imprimable

Image La première impression qui s'impose au visiteur, c'est l'unité du décor.

L’ensemble du mobilier, de style néogothique, date du XIX° siècle. Il est composé d’un maître autel en marbre (1865) et de deux autels secondaires :  

L'autel du transept nord, dédié à la Vierge Marie, comporte trois statues. Au centre : l’Immaculée Conception, à gauche Saint Anne et à droite Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

  • Sainte Anne. Les évangiles ne mentionnent pas les noms des parents de la Vierge, mais la tradition les appelle Joachim et Anne (Hannah = grâce). Le culte de Sainte Anne se répand d’Orient vers l’Occident à partir du VIII° siècle. Sainte Anne est souvent représentée en train d’apprendre à lire à sa fille dans la Bible.
  • Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (1873-1897). Thérèse Martin est une sainte de chez nous. Née à Alençon, elle vécut ensuite à Lisieux où, dès l’âge de quinze ans, elle entra chez les carmélites. En 9 ans, elle y parcourut un itinéraire spirituel fait de confiance et d’abandon mais aussi de courage et de force dans les épreuves qui l’ont rendue très proche en particulier des incroyants. Après sa mort, son culte se répandit dans le monde entier au point qu’elle devint, avec saint François Xavier, patronne des missions. 
  • L’ensemble de ce transept est marial puisque le vitrail qui le décore est dédié à Notre Dame des Malades. Ce vitrail est signé H. MATHIEU – Paris 1877. Il correspond à l’année même de la construction de ce transept qui a remplacé une sacristie préexistante. 

Quant à l’autel du transept sud, il est dédié à Saint Joseph dont la statue est entourée de Saint Eloi et de Saint François Xavier (?).

  • Saint Joseph. Epoux de la Vierge Marie et père nourricier de Jésus, il n’est parlé de lui que dans les premiers chapitres des Evangiles de Saint Matthieu et de Saint Luc. Il est appelé juste (c’est-à-dire : homme de foi). Son absence  dans les récits du ministère de Jésus et de sa passion laisse à penser qu’il était décédé à cette époque-là. Très vénéré en France, en particulier depuis le XVII° siècle, il est représenté portant un lis en signe de sa virginité, ou partant l’Enfant - Jésus.
  • Saint Eloi (588-660). Natif de Limoge, Eloi était un forgeron et un orfèvre très adroit. Il fut de ce fait nommé maître de la monnaie sous Clotaire II. Puis il devint le ministre très apprécié de Dagobert. En 640, il abandonna cette charge pour devenir prêtre. Très aimé, il fut appelé à devenir évêque de Nyon. Et c’est de là qu’il contribua à l’évangélisation de la Belgique. Il fonda plusieurs abbayes dont celle de Solignac. Il fut très populaire au Moyen Age. Eloi est un contemporain de Saint Evroult, évangélisateur du Pays d’Ouche et fut connu de lui. Patron des forgerons il rappelle l’importance de la métallurgie dans notre région.
  •  Saint François-Xavier (1506-1552). Fondateur avec St Ignace de Loyola de l’Ordre des Jésuites, il se rendit en Extrême Orient à Goa, puis en Inde, à Ceylan, en Malaisie et au Japon. Il est, avec Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, co-patron des Missions à l’extérieur. 

A ces trois autels, s’ajoute celui de la célébration face à l’assemblée. Il provient de la Chapelle du Château de Chandai. En façade, nous y voyons la dernière Cène au cours de laquelle Jésus institue l’Eucharistie : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang, pour vous. Vous ferez cela en mémoire de moi » (Luc 22, 19).

  • De part et d’autre, Saint Pierre et Saint Paul, les co-fondateurs de l’église de Rome. Nous les retrouvons sur les deux vitraux nord du Chœur. Pierre avec une clé, en rappel de cette parole de Jésus : « Tu es pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église, et je te donnerai les clefs du Royaume. » (Mt 16, 15-19). Paul avec le glaive, celui de la Parole de Dieu ou bien encore celui de son propre martyr. Citoyen romain, il semble, en effet, avoir été décapité. 
  • Sur les côtés de l’autel : les quatre évangélistes avec leurs attributs traditionnels : Marc et le lion, Matthieu et l’homme, Luc et le taureau , Jean et l’aigle. Il s’agit, depuis Irénée de Lyon, d’une évocation de la vision des quatre animaux de l’Apocalypse (le tétramorphe) inspirée de celle d'Ezéchiel. : les quatre animaux, alias les évangélistes, sont les témoins de cet « être ayant apparence humaine », le Christ lui-même. (Ez 1 et Ap 4, 7s.). Matthieu, du nom de Lévi, était collecteur d’impôt avant que Jésus l’appelle à devenir l’un des douze (Mt 9,9). Marc accompagna Paul et Barnabé dans leur premier voyage apostolique . Puis il devint le disciple et l’interprète de Pierre à Rome. Selon la tradition, il fonda l’église d’Alexandrie. Luc originaire d’Antioche et médecin de son état, fut collaborateur de Paul et rédigea le 3ème évangile et le livre des Actes des Apôtres. Jean, natif de Galilée, frère de Jacques le Majeur, était pécheur de son métier. Il suivit le Christ dans son apostolat et au moment de la passion fut chargé par lui d’accueillir la Vierge Marie. Il est l’auteur du 4ème évangile et de trois lettres. L’apocalypse lui est également attribuée. On retrouve Marc et Jean entourant le Christ sur la chaire à prêcher, autre élément du mobilier de cette église. 

Deux statues méritent enfin de retenir notre attention :

  • Le "petit Jésus de Prague" (sur le mur nord du chœur), statuette rappelant celle que la princesse Polyxène, espagnole d’origine, offrit au couvent des Carmes de Prague en 1628 et qui a contribué à la dévotion à Jésus Enfant.
  • Saint François de Sales (à droite du maître autel), un des saints les plus attachants de l’Eglise de France. Evêque de Genève, on lui doit en particulier "l’Introduction à la vie dévote ", ouvrage qui a permis que l’idéal évangélique soit accessible à un plus grand nombre, quelque soit son état de vie. 

Achevons notre découverte de cette église par ses vitraux : 

  • Dans la nef, deux vitraux reprennent des scènes évangéliques :  Le Christ et les enfants : « Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »Et il les bénissant en leur imposant les mains (Marc 10 ; 16) - Le Christ et la pécheresse : « Tu vois cette femme, ses péchés si nombreux ont été pardonnés parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour ». (Luc 7,47). 
  • Au dessus de la porte d’entrée, Dieu créateur du monde.  
  • Les plus remarquables sont au centre du chevet (derrière le maître autel). D’époque gothique (XIII° siècle), ils reprennent les grand moments de la vie du Christ : sa nativité, sa passion (Christ à la colonne et crucifixion : Marie et Jean sont au pied de la croix) et son entrée dans la gloire. De part et d’autre, quatre scènes de la vie de Marie : sa présentation au temple et l’Annonce par l’Ange qu’elle serait la mère du Sauveur (à droite) La visite rendue à sa cousine Elisabeth et l’Assomption gauche). On aime, en présence de ces vitraux, se souvenir que cette église est dédiée à la Vierge Marie en son Assomption. 

L’on peut achever cet itinéraire marial devant le vitrail du transept nord : Notre Dame des Malades :

O Marie, soyez au chevet de tous les malades du monde :
Ceux qui voudraient tant marcher et doivent rester immobiles,
Ceux qui s'ennuient trouvant les journées longues
Ceux qui aspirent à des visites trop rares à leur goût
Ceux qui cherchent en vain dans leur lit une position moins douloureuse,
Ceux qui passent de longues nuits à ne pas dormir
 
O Marie, soyez présente à ceux qui, à cette heure
Ont abandonné tout espoir de guérison
A ceux qui entrent en agonie, ce grand combat
Jusqu’à l’instant il convient de s’en remettre
Entre les mains d’un autre, dans la confiance.
 
O Marie, soyez présente à ceux qui doivent
Renoncer à leurs plus chers projets
A ceux surtout qui ne croient pas à une vie meilleure ;
A ceux qui se révoltent et maudissent Dieu
A ceux qui ne savent pas que le Christ
A souffert comme eux et pour eux. Amen.
 
 
 
 
 
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