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Saint Ouen Version imprimable

ImageJadis seulement entourée du presbytère et d’une ferme, l’église de Saint Ouen se trouve maintenant au cœur d’un bourg que l’ancien maire Désiré Guillemare fit construire à partir de 1871 et inaugurer le 27 août 1898 et que les années récentes n’ont fait qu’embellir. Cette église, de par ses lignes, apporte à ce bourg une note de simplicité et de pureté.

 

Construite, semble-t-il, à la fin du XII° siècle, elle garde de cette époque deux contreforts en grison visibles de chaque côté du chœur. Mais, comme beaucoup d’églises de campagne, elle a connu des transformations au cours du temps. Les murs du côté sud-ouest ont été réparés au XVI° puis en 1812. Ceux du côté nord en 1847. Une sacristie fut construite en 1810 en remplacement de celle qui se trouvait au revers du retable dans le chœur. Et le porche actuel fut refait en 1853. En 1854, les ardoises remplacèrent les tuiles de la nef et le bois du clocher... Une cloche pesant 475 kilos fut offerte en1899 par M. Guillemare à condition qu’elle sonne à toutes les inhumations riches comme pauvres. En 1881, le cimetière qui entourait l’église fut remplacé par le nouveau pour faciliter l’achat de concessions à perpétuité.

 

Quant à l’intérieur de l’église, il a fait l’objet d’une réfection complète en 1957-1958. Des objets contemporains ont remplacé le mobilier ancien provenant partiellement des deux églises du Buat et de St Aubin dont les paroisses ont été rattachées à St Ouen en 1807 et 1844. Cet aménagement correspond à l’esprit d’une réforme qui entend mettre en valeurs les objets essentiel du culte.

 

Le baptistère à l’entrée de l’église. En y recevant le baptême, le nouveau chrétien entre dans une communauté spirituelle dont il est appelé à devenir à son tour pierre vivante. Par l’écoute de la Parole et la participation à l’Eucharistie, il nourrit sa vie spirituelle et contemple le Christ dont l’amour va jusqu’au bout.

 

Un superbe crucifix (XVIII° siècle) surmontant l’autel et le tabernacle nous le rappelle avec force.

 

Quatre statues ornent l’église :

  • celle de St Ouen dans le chœur,
  • celle de Notre Dame de Lourdes, de St Joseph et de Ste Thérèse dans la nef.

 Une église dédiée à Saint Ouen 

Contemporain de grands noms que furent Saint Evroult chez nous et Saint Sulpice à Bourges, Saint Ouen fait partie de cette génération qui, après une première annonce de l’Evangile en Normandie, s’est efforcée à l’époque mérovingienne d’imprimer cet idéal dans les institutions sociales et dans la vie de tous les jours. Aussi est-il un des fondateurs d’une première chrétienté qui, profondément ébranlée par les invasions normandes, connaîtra un regain au XI° siècle à l’époque de Guillaume le Conquérant.

 

Né au début du VII° siècle à Sancy près de Soissons, Ouen porta d’abord le prénom de Dadon. De famille aristocratique, il en reçut la formation avant de se rendre à la cour de Clothaire II vers 615-618. Fonctionnaire du palais, il devint l’ami intime d’Eloi bien connu grâce à la chanson. C’est ainsi qu’il devint chancelier du roi Dagobert, siégeant au tribunal et contrôlant les actes des administrateurs provinciaux.

 

Dans ce milieu de la cour, de nombreuses vocations religieuses se révélèrent, telle celle de Wandrille le fondateur de la grande abbaye qui porte son nom. Quant à Dadon connu pour ses qualités humaines et spirituelles, après la mort de l’évêque de Rouen Romain, il fut élu par le peuple et le clergé de ce diocèse pour le remplacer. Après une formation auprès de l’évêque de Mâcon, il accepta cette charge et choisit de porter le prénom de Ouen.

 

Là, de 641 à 684, il exerça admirablement sa charge pastorale allant visiter ses fidèles jusque dans les hameaux les plus reculés, prêchant , baptisant, confirmant, et assurant la formation de son clergé. Ami de Saint Wandrille, le fondateur de Fontenelle et de Philibert, le fondateur de Jumièges, il soutint la vie monastique. De plus, il participa à divers conciles nationaux y travaillant à l’évangélisation des comportements.

 

Il garda de par sa personnalité un grand ascendant sur la royauté mérovingienne assumant un rôle de médiateur dans les nombreux conflits de l’époque. Vivant avec beaucoup de simplicité, Ouen passait une part de ses nuits en prière. Très estimé de ses contemporains, il fut de son vivant considéré comme un saint.

 

Aussi après sa mort, son corps fut déposé derrière le maître autel de l’église St Pierre de Rouen qui devint l’église St Ouen. 39 communes de France portent son nom et de nombreuses églises, son vocable. Si son ami Saint Eloi est le patron de nombreuses corporations dont celle des orfèvres et des forgerons, Saint Ouen pourrait être invoqué par tous ceux qui exercent de lourdes responsabilités dans le monde et dans l’Eglise.

 

C’et le sens de cette prière qui peut lui être adressée :

 

O Saint Ouen,

Toi qui avais hérité de la bonté, de la douceur

Et de la tendresse du cœur de Dieu…

Toi qui savais te concilier les esprits

Par ton sourire et ta cordialité…

Toi qui savais réconcilier

Les hommes avec Dieu et entre eux…

Toi qui savais mettre tant de délicatesse, de souplesse

Et de courtoisie dans tes ambassades…

Accorde à tous ceux et à toutes celles

Qui ont à gouverner, à diriger, à conseiller les autres,

Les dons de l’Esprit dont tu étais si riche !

Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.

 
 
 
 
 
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