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Saint Martin d'Ecublei Version imprimable

L’égliseImage

Outre le souvenir de Saint Martin, à qui est dédiée cette église, il convient de noter la place presque exclusive qu’occupent en ce lieu :

 
  • Saint Joseph, père adoptif du Christ, le portant dans ses bras. Il est  représenté à l’autel latéral sur le côté droit de la nef,
  • la Vierge Marie, son épouse,  la mère du Sauveur, que nous retrouvons au sommet du retable dans la joie, elle aussi, de cette nativité, au centre du retable en son assomption, c’est-à-dire dans sa participation à la vie et à la gloire de son Fils ressuscité et enfin à l’autel latéral sur le côté droit de la nef. Il s’agit là d’une statue de Notre Dame de Lourdes, telle que Bernadette Soubirous  l’a perçue dans le creux de la grotte sur le bord du Gave en 1858. L’original de cette statue, réalisé en 1864 par le sculpteur Fabisch, s’inspire de la description de Bernadette. Cette dernière fut déçue du résultat : « Ce n’est pas Elle ! Elle est trop grande (1,78m), pas assez jeune, pas assez souriante ». De la difficulté d’exprimer les choses de la foi ! 
  • le Christ, porté enfant, comme nous l’avons vu, par Joseph et Marie et symbolisé sur la porte du Tabernacle sous les trait du Bon Pasteur (Jn 10,11) et sur l’autel galbé en Agneau pascal comme celui qui, dans le refus de toute violence, s’offre pour le salut du monde.

La vie de Saint Martin 

Saint Martin est l’un des saints les plus populaires de France. Plus de quatre cents villages et trois mille six cents églises portent son nom. Il est le patron de la France (sa fête est le 11 novembre).  

1. Né en 317, en Pannonie (Hongrie), il reçoit de son père, officier de l’armée impériale, le nom de Martin, « Petit Mars », du dieu de la guerre dans la religion romaine. A 15 ans, un édit impérial l’oblige à devenir soldat, comme son père, officier à Amiens, en Gaule. Un jour d’hiver glacial, Martin rencontre un mendiant grelottant. Il lui donne la moitié de son manteau, l’autre moitié appartenant à l’Etat. Cette nuit-là, Martin voit en rêve le Christ revêtu de la moitié de son vêtement : « Ce que tu as fait au moindre d’entre les miens, c’est à moi que tu l’as fait » (Matthieu 25,40). C’est, pour Martin, le début d’une découverte du Christ qui va bouleverser sa vie. 

Sur la superbe icône, peinte par Richard Da Cruz, pour la paroisse Saint Martin en Ouche en 1997, Martin est représenté accomplissant  ce geste du partage de son vêtement avec un pauvre, devenu symbole de toutes les solidarités humaines et qui, dans la foi chrétienne, reçoit sa dimension divine. 

2. A trente-huit ans, Martin est autorisé à quitter l’armée pour se mettre davantage au service du Christ. Il va à Poitiers, auprès de l’évêque Hilaire, un des grands noms du christianisme gallo-romain du IV° siècle. C’est de lui qu’il reçoit le plus clair de sa formation : son goût pour la méditation de l’Ecriture, sa recherche d’une vie vraiment évangélique, sa passion pour l’évangélisation de ses contemporains.  

Au retable de l’église de Saint Hilaire-sur-Rille, à l’autre extrémité de la Paroisse Saint Martin-en-Ouche, Hilaire est représenté en évêque portant la mitre et la crosse, signes de sa responsabilité de pasteur et commentant la Parole de Dieu. 

3. A Ligugé, près de Poitiers, Martin fonde le premier monastère d’Occident. Mais en 372, l’évêque de Tours étant décédé, la foule choisit Martin pour le remplacer. Parcourant alors avec des compagnons, les campagnes de Touraine, de Beauce, du Berry, d’Anjou, et du Luxembourg, il forme des communautés chrétiennes regroupant les habitants et leur apprenant à s’entraider, construisant avec eux une église, maison de tous et signe de la présence de Dieu…Ainsi apparaissent les premières paroisses rurales…Témoin de l’amour du Dieu de Jésus Christ pour tous les hommes, Martin libère ses contemporains des craintes que leur inspirent les forces de la nature, considérées alors comme des dieux. Entre deux missions, il réside au monastère de Marmoutiers fondé par lui près de Tours. Là surtout, il peut se retirer pour « rafraîchir son âme », se reposer et se refaire en Dieu dans la prière.  

Saint Martin évêque. Souche de cierge à décor sculpté de style gothique (art populaire). Martin présente ici ses deux mains jointes, en signe de prière.  

4. Beaucoup d’autres aspects du ministère de Martin mériteraient de retenir notre attention. Retenons son intervention auprès de l’empereur Maxime à Trèves pour obtenir la grâce de Priscillien et de ses disciples, hérétiques influents en Espagne. Martin ne concevait pas le recours à la violence pour défendre la vérité .Il n’admettait pas non plus qu’appel ait été fait à l’empereur en un domaine qui relevait de la foi. Il ne fut malheureusement pas écouté.

C’est en allant visiter à Candes des prêtres de son diocèse qu’épuisé par ses multiples charges, Martin mourut le 8 novembre 397. Il était âgé de 80 ans. Son corps fut alors transporté sur la Loire jusqu’à Tours où, le 11 novembre, il fut inhumé. C’est pourquoi sa fête est célébrée en ce jour, marqué depuis par le souvenir de l’armistice… Sur son tombeau fut construite une basilique qui devint le centre d’un des grands  pèlerinages en Occident. Quelques années plus tard,  Grégoire de Tours rédigea le récit de sa vie.   

Au retable de l’église Saint Martin de l’Aigle, Martin est représenté en évêque (XVII° siècle). Sur la façade de cette église, il est sculpté par Hubert Yencesse dans l’éclat de sa jeunesse, celle que lui confère à jamais son geste de partage. Cet artiste contemporain (1947) traite la scène avec beaucoup de sobriété et de finesse. Ainsi cet homme du IV° siècle continue-t-il d’inspirer artistes et croyants. L’année 1997- année du XVI° centenaire de sa mort- a révélé la pertinence de son message. Le pape Jean-Paul II est alors venu à Tours honorer sa mémoire. C’est à l’occasion de ces cérémonies que fut confectionnée cette chasuble portée par l’un des évêques concélébrants. Ce vêtement liturgique, ornée du médaillon de Saint Martin, appartient désormais à la paroisse Saint Martin en Ouche.  

 
 
 
 
 
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