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Saint Nicolas de Sommaire Version imprimable

ImageJusqu’à la Révolution française, l’actuelle commune de Saint Nicolas de Sommaire était composée de trois paroisses dépendant du diocèse d’Evreux : Saint Nicolas, Saint Michel et Saint Pierre de Sommaire. Au XIX° siècle, elles ont été regroupées en une seule paroisse. En attendant qu’une étude plus approfondie nous permette de mieux connaître l’histoire de l’église de Saint Nicolas, nous pouvons déjà faire quelques observations et ouvrir quelques pistes. 

Des origines romanes…

 

A voir, dans le mur extérieur sud de la nef, la petite ouverture en grison aujourd’hui bouchée, nous pouvons penser que l’origine de l’église de Saint Nicolas est romane. A cette première construction médiévale a été accolée, vraisemblablement au XVI° siècle, une tour-clocher dont les angles sont renforcés par de solides contreforts en grès. Au XIX° siècle ont été ajoutées au pied de la tour et dans le haut de la nef, des chapelles en briques et silex typiques du Pays d’Ouche. Et en 1892, renouant avec la tradition médiévale de peindre l’intérieur des églises, Barillet d’Alençon assure la décoration que nous voyons aujourd’hui.

Avant de franchir la porte d’entrée de cette église, remarquons le bénitier qui nous accueille et sur la façade, la série de pavés qui en constitue l’originalité.

 

L’intérieur de l’église

 

A l’intérieur, prenons le temps de nous arrêter. L’impression qui se dégage est un certain recueillement. Deux teintes s’imposent : le ton bois, couleur de la terre et ici et là, quelques touches de bleu qui évoquent le ciel.

 

Nous retournant, nous apercevons au dessus de la porte d’entrée Saint Evroult, une belle figure du Pays d’Ouche et de sa spiritualité. Après un brillant début de carrière à la cour franque au VII° siècle, Evroult décide de se retirer dans les forêts reculées du pays d’Ouche avec trois compagnons. Les premiers à les suivre sont d’anciens brigands attirés par cet idéal de vie. Ainsi s’organise non loin de là, à Saint Evroult-Notre-Dame-du-Bois, un brillant monastère qui y demeurera jusqu’à la Révolution Française.

 

A la gauche de Saint Evroult, Saint Nicolas, le saint patron de cette église avec lequel nous ferons tout à l’heure plus ample connaissance et à sa droite, Saint Joseph. Ce dernier est représenté là au début de sa mission portant l’enfant Jésus. Tout à côté, dans la chapelle qui lui est dédiée, nous le voyons au terme de cette mission, à l’heure de la mort. Entouré du Christ et le la Vierge, « homme juste » jusqu’au bout, il remet son âme à Dieu.

 

De l’autre côté, dans la chapelle qui fait face, une pieta. La Vierge porte sur ses genoux le Christ mort, descendu de la croix.

 

Sur les murs, une représentation de l’annonce faite à Marie, « Et la Vierge conçut… », accompagnée de la scène de la remise du Rosaire à Saint Dominique. A ses pieds, un chien  évoque le jeu de mots qui désigne les dominicains : « Domini canes », les petits chiens du Seigneur !

 

Enfin, en cette partie de l’église où se vit l’accueil, observons la très belle cuve baptismale du XVI° siècle décorée de têtes d’anges (ou d’hommes ?).

 

Poursuivant le tour de l’église, nous pouvons aller à la découverte :

  • des vitraux de la nef : coté sud, Saint Louis et Saint Michel, côté nord, Saint Paul et Saint Pierre
  • des statues : de Saint Antoine et de Sainte Barbe, du curé d’Ars et de Sainte Thérèse. Un cadre représentant la Sainte Face du Christ nous rappelle la place qu’a occupée dans la vie spirituelle de Thérèse la contemplation de ce visage humilié au point qu’elle prit le nom de Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face.

Dans le haut de la nef, avant d’entrer dans le chœur, nous apercevons ces deux chapelles, ajouts de la fin du XIX° siècle, dont l’une est dédiée à Marie et l’autre au Sacré-Cœur. Ce culte au cœur de Jésus, c’est-à-dire au symbole de son amour et de sa miséricorde, s’est beaucoup développé en France et dans le monde à la suite des apparitions du Christ à Marguerite Marie Alacoque au XVIII° siècle. A l’angle de cette chapelle, ici comme à Chandai, une statuette de l’Enfant-Jésus de Prague.

 

Entrant dans le chœur désormais, nous ne pouvons qu’admirer la statue de la Vierge à l’Enfant en terre cuite du XVIII° siècle sur laquelle a été ultérieurement posée une couronne. Et, lui faisant face, celle d’un saint Evêque, statue polychrome du XVI° siècle en bois, dont l’identité reste incertaine.

 

Portant nos regards vers le maître autel, nous y trouvons le retable central du XVIII° siècle, au fronton cintré, à trois pans et quatre pilastres cannelés à chapiteaux corinthiens. Ce retable est peint couleur bois et or. Comme tout retable, il porte un message, ici exprimé dans le haut : JHS : Jésus Sauveur des Hommes.

 

Ce salut passe par la croix. En arrière fond de la crucifixion, la ville de Jérusalem. Et ce salut est reçu par la participation à la messe qui est écoute de la Parole de Dieu et communion au repas Eucharistique .

 

Notons cette coutume du Pays d’Ouche, ô combien riche au plan de la foi, de relier le respect dû au livre de la Parole de Dieu placé dans un tiroir sous le tabernacle et le culte rendu au Pain consacré conservé,  pour la prière et la communion des malades, dans le tabernacle, le lieu de la Présence. Ce dernier, à trois pans, est surmonté d’un dôme.  Il illustre sur sa porte ce passage de l’Evangile où Saint Jean se penche vers la poitrine du Seigneur (Jean 13,25).

 

Comme très souvent, l’autel lui-même est en forme de tombeau, rappelant le temps des  premiers chrétiens où l’Eucharistie était célébrée sur les reliques des martyrs. Tel est aujourd’hui le sens de la pierre d’autel contenant des reliques. Ici, le pélican est le symbole du sacrifice que le Christ fait de sa vie : « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jean 15,13).

 

De part et d’autre de Jésus en croix,

  • Saint LAURENT portant un gril à la main qui rappelle le supplice qui lui fut imposé : sur le feu. Cette statue est en pierre polychrome du XVII° siècle.
  • Ainsi que de l’autre côté, celle de  Saint NICOLAS. C’est par lui, à qui est dédiée cette église, que peut s’en achever la présentation. Et ainsi, il nous sera donné de lire les quatre vitraux du chœur tirés de la vie de Saint Nicolas et signés Lorin (1890).

Né au III° siècle, en Asie Mineure (actuelle Turquie), d’une famille très aisée, Nicolas devint évêque du diocèse de Myre en Lycie, qu’il parvint à réformer grâce à sa piété, à son énergie et à ses miracles.

 

Très charitable il était toujours prêt à secourir les pauvres et les malades. Ici, nous le voyons guérir un enfant que lui apporte sa mère.

 

Il est également représenté en pleine tempête venant au secours des matelots en danger qui l’avaient appelé à leur aide. Mais la principale tempête que Nicolas dut affronter fut celle de son temps où il fut, face aux ariens, un ardent apôtre de la divinité de Jésus.

 

Pas toujours bien vu, en particulier de l’empereur Dioclétien, Nicolas est arrêté et mis aux fers. Mais on n’osa pas le faire mourir  par peur de la vengeance du peuple. Aussi sa mort fut-elle paisible, recevant le viatique parmi les siens : « En tes mains Seigneur, je remets mon esprit. »

 

Dès le IV° siècle, une église fut élevée sur son tombeau et en 1087 ses reliques furent transférées en Italie du Sud par des marins de Bari. Son culte se répandit en Suisse, Allemagne, Belgique et France. Il est bien présent dans cette partie du Pays d’Ouche.

 

De nombreuses légendes apparurent  à son sujet dont la plus fameuse est représentée sur la statue entrevue à l’entrée de cette église : Nicolas ressuscite les trois enfants qu’un boucher avait tués et placés dans un saloir.

 

C’est ainsi qu’il devint le protecteur des enfants et qu’en beaucoup de pays, sa fête est l’occasion de réjouissances pour les jeunes qui reçoivent jouets et friandises.

 
 
 
 
 
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